Elus . Hammadi Jebali
Il est issu d'une fratrie de six enfants : quatre filles et deux garçons. En 1957, son père, menuisier à Sousse et yousséfisteinvétéré, est arrêté et mis en prison ; il aide sa famille à aller porter un modeste couffin de ravitaillement pour son père, à la prison Habs Al Mokhtar.
Jebali est marié et père de trois filles.
Il décroche le baccalauréat au lycée technique de Sousse en 1969. Il part en France, rejoindre son frère établi à Reims, et s'inscrit à la faculté des sciences et techniques qui, en avant-garde, offre des filières innovantes comme l'informatique et les sciences de la Terre. Après avoir décroché une maîtrise, il part à Paris pour poursuivre ses études d'ingénieurs au Conservatoire national des arts et métiers, se spécialisant dans la thermodynamique appliquée au chaud et froid et aux énergies nouvelles et renouvelables ; il obtient son diplôme en 1978.
À Paris, il habite à la résidence universitaire d'Antony, alors vivier politique de toutes tendances, qui s'anime de débats le soir. Dans la journée, c'est à la Cité internationale du boulevard Jourdan que se confrontent les causes et s'affrontent les groupuscules. Il fait la connaissance de camarades tunisiens, notamment Moncef Ben Salem, Monji Blel et Salah Karker. Ils commencent à s'organiser, surtout après avoir reçu pour la première fois la visite de Rached Ghannouchi.
À son retour à Tunis en 1978, après neuf ans de séjour en France, il est recruté en tant que chef du département énergétique au sein d'un bureau d'études reconnu, AUED, et prend en charge les composantes fluides de grands projets tels que le CHU Habib-Thameur, l'hôpital Fattouma-Bourguiba à Monastir, etc.
Suite à une vague d'arrestations qui s'abat sur la direction du Mouvement de la tendance islamique en 1981, Jebali est élu président du mouvement. Pendant cette période, il noue des contacts avec certaines personnalités politiques dont Hamed Karoui, futur Premier ministre.
Ce dernier, voisin de quartier de Jebali à Sousse, avait amorcé, de concert avec Mohamed Mzali, un dialogue, convaincu de desserrer l'étau mis en place contre les différentes forces de l'opposition. Alors que Jebali, recherché par la police, entre dans la clandestinité, Karoui révèle que celui-ci parvient à voyager plusieurs fois à l'étranger sous de fausses identités, et ce à partir de différents aéroports.
En 1984, à la libération de Rached Ghannouchi et de ses camarades, Jebali redevient simple membre du bureau politique du mouvement. Vers la fin du règne du président Habib Bourguiba, il est condamné à mort avec report de l'exécution ; il obtient ledroit d'asile en Espagne en 1988 avant d'être gracié par le nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali en 1989. Il crée vers la fin 1989 l'hebdomadaire du parti Ennahda, Al Fajr, qu'il dirige. Opposant du régime Ben Ali, il passe plus de seize ans en prison, dont dix à l'isolement.
C'est d'abord en tant que journaliste qu'il est condamné fin 1989 : un an de prison pour diffamation à cause d'un article sur les tribunaux militaires. À sa seconde arrestation pour activisme politique, en 1992, aux côtés de plus d'un millier de militants d'Ennahda, il est condamné à seize ans de prison ferme par le tribunal militaire pour « appartenance à une organisation illégale » et « complot visant à changer la nature de l'État ». Après une grève de la faim en 2002, il reçoit une grâce présidentielle qui lui permet de sortir en 2006.
La presse internationale le présente souvent comme le « modéré » de son parti, surtout du point de vue religieux, ce qui lui vaut d'être qualifié par le journal algérien El Watan« d'islamiste BCBG » mis en avant pour rassurer les Occidentaux et en particulier les Américains.
Mouvement Nahdha
Mouvement Nahdha
Sousse
Mouvement Nahdha